La politique énergétique en Afrique est aujourd’hui structurée autour d’un double impératif :
combler un déficit d’accès massif (plus de 600 millions de personnes sans électricité) tout en amorçant une transition vers des sources plus propres
Cette stratégie repose sur plusieurs piliers majeurs :
1. La Souveraineté et le Financement Local
Face au retrait de certains bailleurs internationaux des énergies fossiles, le continent mise sur l’autonomie financière :
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Banque Africaine de l’Énergie : Lancée pour mobiliser des capitaux africains et financer des projets stratégiques sans dépendre exclusivement de l’aide extérieure.
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Priorité aux Ressources Locales : De nombreux pays maintiennent une exploitation stratégique du gaz naturel et du pétrole pour garantir leur sécurité énergétique immédiate, comme en témoigne la position ferme de certains ministres africains lors de sommets récents.
2. Accélération de l’Accès à l’Électricité (Mission 300)
L’initiative Mission 300, soutenue par la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement (BAD), vise à raccorder 300 millions de personnes d’ici 2030.
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Mini-réseaux (Mini-grids) : Le programme Africa Minigrids (AMP) regroupe 21 pays pour déployer des solutions décentralisées à base d’énergies renouvelables, adaptées aux zones rurales.
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Performance régionale : L’Égypte, le Maroc et la Tunisie affichent des taux d’électrification proches de 100%, suivis par l’Afrique du Sud (85%) et le Ghana (64%).
3. Transition Énergétique et Énergies Vertes
Le continent possède un potentiel immense mais encore sous-exploité (solaire, éolien, hydroélectricité).
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Mix Énergétique : Environ 20,5 % de l’électricité est actuellement issue du renouvelable (principalement l’hydroélectricité), avec un objectif de monter à 60 % d’ici 2030.
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Leaders Solaires : L’Afrique du Sud (1,6 GW), le Nigeria et l’Égypte dominent les nouvelles installations.
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Emplois : Le secteur des énergies renouvelables employait déjà plus de 340 000 personnes début 2026.
4. Défis Majeurs
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Dépendance aux Fossiles : Les énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole) représentent encore près de 75 % de la production d’électricité en 2024-2025.
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Infrastructures et Pertes : La vétusté des réseaux nationaux (comme ceux d’Eskom en Afrique du Sud) entraîne des délestages fréquents, obligeant parfois à prolonger l’usage du charbon pour éviter l’effondrement du système.
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Coût du Capital : Les investisseurs privés restent prudents en raison des risques politiques, rendant le financement de la transition plus onéreux.
Je propose un grand projet d’interconnexion des pays africains à l’énergie mixte pour permettre de développer de grandes industries dans plusieurs secteurs stratégiques.
Experts géopolitiques vos propositions et analyses seraient les bienvenues.